
Introduction de Mgr Nicolas Souchu
Première session de l’Assemblée synodale – Aire-sur-l’Adour
Chers amis de l’assemblée synodale,
Nous voici donc réunis à nouveau, depuis qu’en décembre dernier, le premier dimanche de l’Avent, nous avons ouvert la célébration de notre synode diocésain par une belle journée de récollection et d’information. Depuis vous avez travaillé avec une ou plusieurs équipes synodales.
De nombreuses propositions sont arrivées au secrétariat général du synode et un énorme travail a été réalisé pour que chacun d’entre nous puisse avoir dès le mois d’octobre le cahier synodal que nous tenons entre nos mains. Je tiens à remercier à nouveau le secrétariat du synode, (Madame Journé, les Pères de Rodat et Debergé, notamment). Ce cahier synodal aurait pu être beaucoup plus volumineux ! En effet, vous ne trouverez pas dans ce document les propositions qui concernaient l’Église universelle, pas plus que d’autres qui relevaient de l’ordre des bonnes pratiques. Après le synode, nous tâcherons d’éditer un livret contenant celles-ci.
Nous nous sommes tous mis en chemin afin d’oser l’espérance dans nos communautés chrétiennes. C’est bien ce thème du synode que nous avons à travailler tout au long de cette assemblée synodale.
Nous venons de la cathédrale d’Aire en procession derrière la Parole de Dieu. Cela nous rappelle que l’Église ne fait pas un synode, n’organise pas un synode, mais le célèbre. Un synode pour une Église diocésaine, comme pour l’Église universelle, c’est un temps de grâce. Voilà pourquoi je tiens à vous proposer trois mots que nous pourrions garder dans notre cœur tout au long de cette session et que nous pouvons confier au Saint-Esprit, le guide de notre synode.
Tout d’abord le mot Amour
Je ne sais s’il en va de même pour vous, mais le fait que tant de chrétiens se soient mobilisés dans les équipes synodales a fait grandir en moi l’Amour de l’Église et celui de notre Église particulière du diocèse d’Aire et Dax. Oui, aimez l’Église. Elle n’est pas un lieu de rapport de forces, de confrontations ; c’est l’Église de Dieu, dans un territoire particulier. Que vous soyez Landais d’origine ou depuis peu de temps, ou simplement de passage pour des raisons familiales ou professionnelles, aimez l’Église. Et vous, qui venez de votre paroisse d’habitation ou d’élection, de votre service ou mouvement et avez la grâce de mieux connaître le diocèse, avec ses forces et ses faiblesses, vous êtes désormais membres d’une assemblée unique, l’Assemblée synodale, avec la mission de faire des choix pour donner de l’espérance à nos communautés chrétiennes. Celui qui aime, espère. S’il espère, c’est qu’il aime.
Ensuite, évidemment, le mot synodalité.
Déjà dans l’Évangile, le Christ ne s’adresse pas seulement à des individus, mais à des personnes en relation. La synodalité signifie que les relations entre les membres du Peuple de Dieu constituent l’occasion d’un progrès dans la relation à Dieu et le progrès dans la foi oblige à se situer par rapport aux autres.
Le concile Vatican II, dans la constitution sur l’Église, nous rappelle que : « Le Père éternel a décidé d’élever les hommes à la participation à la vie divine » LG2. C’est cette participation à la vie divine qui habilite le croyant à participer à la vie et à la mission de l’Église.
Cet appel à la participation de tous n’est pas tout à fait comme si nous étions un parlement dans l’Église. La synodalité n’est pas un slogan qui ferait rentrer le principe démocratique dans l’Église. La synodalité nous rappelle que l’Église est fondée sur la communion dans le Christ, œuvre de l’Esprit. Elle nous rappelle également que la confession de foi permet de mettre en avant la notion de participation à la vie divine et à la mission de l’Église. Ce n’est pas un ajustement de l’Église à l’air du temps !
La synodalité n’a donc, pour but premier, que de protéger la participation de tous les fidèles à la mission reçue, en articulant la primauté de l’évêque de Rome, la collégialité des évêques successeurs des apôtres et la synodalité. Voilà pourquoi, par exemple, au cours des débats et des votes, a priori, je n’ai pas à intervenir durant l’assemblée synodale.
Enfin, le mot conversion.
Oser l’espérance dans nos communautés chrétiennes nous invite à une vraie conversion et je peux vous assurer que la conversion de l’évêque n’est pas la plus facile ! Voilà pourquoi il est recommandé à nous tous, membres de l’assemblée synodale, de célébrer le sacrement de pénitence et de réconciliation. L’Église nous propose également une méthode : La conversation dans l’Esprit. C’est cette méthode que vous pourrez employer dans les groupes de travail de cette assemblée. Elle permet un climat d’écoute, de confiance et de discernement.
Dans la vie de notre département des Landes et de notre diocèse d’Aire et Dax, beaucoup de choses peuvent nous pousser à désespérer. Mais l’espérance donne la force de traverser les épreuves et les difficultés ; elle constitue la certitude de la présence de Dieu, de son alliance avec l’humanité, depuis toujours et pour toujours. Dieu est donc le seul objet de notre espérance. Elle nous fait découvrir sa volonté. Alors dans chacune des propositions que vous allez travailler et dans vos votes demain, demandez-vous bien ce qui permet d’oser l’espérance dans nos communautés chrétiennes. Je vous en remercie.
+ Nicolas SOUCHU
Évêque d’Aire et Dax